L'argent, le nerf de la guerre

Hildebert Heizmann

Certains m'ont reproché d’avoir soulevé, lors de la séance d’information du 9 mars 2015 à Chermignon d’en Haut, le problème du potentiel d’économies lié aux frais de fonctionnement des quatre communes réunies. Serait-ce une question taboue? On peut légitimement en douter dès lors que dans les arguments invoqués en faveur du projet de  fusion on écrit et on parle officiellement par ex. de possibilités d’éviter des «doublons», de mettre à profit des synergies et d’améliorer l’efficience, c.-à-d. le rapport entre les moyens investis et les résultats obtenus. Logiquement, il devrait en résulter à terme des économies dans la gestion administrative de la nouvelle structure communale.  Demeurent bien entendu réservés des  besoins pour exécuter des tâches nouvelles, par ex. à la suite de modifications de la législation cantonale ou fédérale ou pour combler des lacunes avérées dans les services publics.

Lorsqu’on aborde la question des finances, il importe – au-delà des économies -  d’optimiser les recettes des collectivités publiques. Dans ce contexte, il existe indiscutablement  en Valais et dans les communes concernées  un potentiel  important de ressources nouvelles en harmonisant les pratiques en matière d’imposition d’après la dépense, à savoir les forfaits fiscaux dont a parlé le président Stéphane Pont lors de la soirée d’information du 4 février 2015 au centre des Martelles. En effet, selon une statistique portant sur l’année 2012 publiée par le quotidien Le temps en date du 6 mai 2014 le montant  moyen payé par les forfaitaires sur le plan suisse  au titre d’impôts communaux, cantonaux et fédéraux est de 125 000 fr.;  à  Genève, cette moyenne est de 220 000 fr., dans le canton de Vaud de 125 000 fr., alors qu’elle est  seulement de 63 000 fr. en Valais. L’explication des ces écarts  est simple: le canton du Valais n’applique pas jusqu’à ce jour les recommandations de la Conférence suisse des directeurs cantonaux des finances  qui fixent  la base d’imposition minimale pour les bénéficiaires des forfaits fiscaux à 4000 000 fr., une règle qui prévaut désormais aussi pour l’impôt fédéral direct. Qu’on se le dise….

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